Le declin de l'empire Francais
Article de Geoff Kitney tire de l'Australian Financial Review d'hier que je vous ai traduit... c'est interessant de voir comment la France est percue a l'etranger...
| Si vous pouviez acheter des actions dans le "changement politique", le prix aurait defie toutes les tendances au fil des annees, tout la haut avec l'or, le petrole et le riz, comme un bon placement pour votre argent lorsque tout le reste se casse la figure. La demande pour le "changement politique" a ete forte tout autour du globe, mettant le pouvoir aux mains des opportunistes tels que Kevin Rudd (le nouveau premier ministre Australien) et l'enlevant de celles des leaders comme John Howard (le premier ministre sortant... en Australie, c'est le premier ministre qui a le plus de pouvoirs) et Tony Blair, autrefois consideres comme des maitres dans la lecture des humeurs de leurs electeurs. Aux Etats Unis, durant la campagne presidentielle, Barack Obama a mene sa campagne vers des hauteurs que personne n'imaginait possible en offrant un nouveau depart avec le slogan "change we can believe in" (un changement credible). Mais alors que les electeurs se ruent pour acheter les "idees du changement", ceux qui les vendent se rendent compte qu'il est plus dur de livrer la "realite" et, qu'une fois decus, les electeurs deviennent tres vite amers. Gordon Brown, le premier ministre anglais, cense apporter l'air frais necessaire au parti travailliste pour se debarasser des "mauvaises odeurs" des derniers jours au pouvoir de Tony Blair, semble avoir rate le coche et apporte a son adversaire tout frais, David Cameron, l'avantage d'etre le candidat du changement. Mais comme le second visage le plus reconnaissable de la decennie du gouvernement Blair, Brown aurait toujours eu du mal a incarner le changement aux yeux des electeurs. Mais bien plus choquant, est ce qui est arrive de l'autre cote de la manche. Il ne pourrait y avoir un exemple de gachis politique plus flagrant que la maniere dont le president Francais, Nicolas Sarkozy a decu les electeurs Francais. Sarkozy a ete elu au pouvoir l'annee derniere a la meme periode, propulse par un vote record sur la promesse qu'il avait les idees, l'energie et le courage de faire ce qui devait etre fait pour sauver la France d'un declin qui a laisse le peuple Francais profondement pessimiste concernant le future. Sarkozy a declare qu'il avait devolu sa vie au but de diriger la France et qu'il etait arrive a destination juste a temps pour la sauver du desastre. Cela, a-t-il dit, ne pouvait etre accompli que par une "rupture avec le passe". Une "rupture" s'averait etre ce que les electeurs Francais attendaient. Pendant plus d'une decennie sous Jacques Chirac, la France semblait faire du sur place alors que le reste du monde avancait. Le resultat: une France diminuee. Une economie muselee et contre performante, allourdie par une pensee self centriste et de plus en plus distancee par a la fois les autres pays developpes mais aussi les pays en voie de developpement, ayant un marche plus fluide, des impots moins lourds et un esprit d'entreprise plus fort. En bref, la France a resiste de toutes ses forces a la globalisation plutot que d'en tirer partie. Chirac, sourd au glissement de l'economie Francaise, semblait accorder plus d'importance a ses illusions d'une France "puissance globale montante", s'imaginant comme le leader global alternatif contre le president americain George Bush. En s'opposant a la guerre en Iraq, il voyait la France comme le pivot d'un monde multipolaire dans lequel une Europe menee par la France et ses allies tiendrait front a la puissance Americaine - en effet comme une superpuissance alternative. Alors que Chirac s'admirait dans les miroirs du Palais de l'Elysee, la France, au lieu de cela a perdu de son influence et de sa credibilite - et les Francais s'en rendaient compte, un sentiment diffus dramatiquement confirme lorsque Paris (de peu favoris) a cede a Londres la place de ville accueillant les JO de 2012. Aux elections presidentielles de l'annee derniere, les electeurs Francais se sont vus proposer - et ont fait - un choix clair. Ils ont rejete de maniere decisive l'offre Socialiste, pour, en effet, donner a la France, plus ou moins de la meme soupe, mais en mieux. Ils ont achete a la place les promesses de grands changements de Sarkozy: rendre la France plus economiquement competitive, deplacer le pouvoir des syndicats vers l'entreprenariat et liquider l'idee d'une Europe menee par la France et adopter un statut plus realiste dans les affaires mondiales, incluant une normalisation des relations avec les Etats Unis. Mais un an plus tard, soulignons l'impact des mesures de Sarkozy: sa popularite a plonge au niveau le plus bas pour un president a l'issue de sa premiere annee en poste; la confiance des consommateurs Francais n'a jamais ete plus basse en 2 decennies; la confiance des entrepreneurs decroit mois sur mois; et l'economie Francais ralentit de maniere significative. Loin de se sentir plus fiers de leur pays, comme Sarkozy le leur avait promis, les electeurs Francais disent se sentir humilies par l'etalage par Sarkozy de sa vie amoureuse et l'attention que les medias mondiaux lui accordent. Il y a maintenant de serieux doutes quant aux chances que Sarkozy puisse regagner l'initiative politique qui lui permettrait d'effectuer les changements necessaires pour apporter la rupture promise. Sa popularite est tellement compromise qu'il ne lui reste plus aucune marge de popularite lui permettant de deployer de douloureuses reformes. Ce n'est pas uniquement un probleme pour la France, c'est egalement un probleme pour l'Europe. L'Europe a desesperement besoin d'une renaissance Francaise pour appuyer la reprise Allemande qui a tire l'Europe d'une decennie de pietres performances economiques, mais qui ne sera pas durable en l'absence d'autres grandes puissances Europeennes pesant de leur poids. Le besoin de changement en France est encore plus grand maintenant que lorsque Sarkozy s'est hisse au pouvoir avec des promesses de changement. Mais Sarkozy demarre sa seconde annee dans une position bien plus affaiblie pour delivrer ces resultats. ![]() |










